Introduction : comment Chalon-sur-Saône est devenue une terre de parachutisme
Aujourd’hui, lorsqu’on évoque le parachutisme en Bourgogne-Franche-Comté, les regards se tournent spontanément vers l’aérodrome de Champforgeuil et vers Parachutisme71, devenu l’un des centres les plus reconnus de la région. Chaque saison, des milliers de personnes découvrent la chute libre lors d’un saut en parachute tandem au-dessus de la vallée de la Saône, tandis que des pratiquants confirmés viennent perfectionner leur technique dans des disciplines aussi exigeantes que le freefly ou la wingsuit.
Cette réputation est pourtant le résultat d’une longue histoire. Bien avant l’apparition du saut tandem et des écoles professionnelles, le territoire chalonnais entretenait déjà un lien étroit avec les parachutages. D’abord militaires durant la Seconde Guerre mondiale, puis sportifs à partir des années 1950, ils ont progressivement façonné une culture aérienne locale qui perdure aujourd’hui.
Entre mémoire de la Résistance, développement de l’aviation civile, démocratisation du sport aérien et innovations technologiques, l’histoire du parachutisme à Chalon-sur-Saône constitue un remarquable témoignage de l’évolution des loisirs aériens en France.
Les origines : le parachute dans la mémoire locale avant le sport
Pour comprendre l’essor du parachutisme chalonnais, il faut remonter aux années de guerre.

Durant l’Occupation allemande, plusieurs secteurs de la Côte chalonnaise servent de zones de réception pour les parachutages alliés destinés aux réseaux de Résistance. Des conteneurs d’armes, de munitions, d’équipements radio et parfois des agents spécialisés sont largués de nuit afin de soutenir les mouvements clandestins.
Parmi les opérations les mieux documentées figure celle réalisée dans le secteur de Rully durant la nuit du 14 au 15 août 1943. Les archives locales évoquent la réception de matériel destiné aux groupes résistants opérant dans le Chalonnais.
Ces opérations ne relèvent évidemment pas encore du parachutisme sportif, mais elles installent durablement dans la mémoire collective locale l’image du parachute comme symbole de courage, de liberté et d’action aérienne.
Au lendemain de la Libération, ce contexte contribue à l’intérêt croissant pour les activités aéronautiques.
L’aérodrome de Champforgeuil : un outil essentiel au développement du parachutisme
L’histoire du parachutisme à Chalon-sur-Saône est indissociable de celle de l’aérodrome de Champforgeuil.

Au début du XXe siècle, l’aviation française connaît un développement rapide. Chalon-sur-Saône souhaite alors disposer d’une infrastructure capable d’accueillir les nouveaux usages de l’aviation civile.
Les archives administratives montrent qu’une enquête publique est ouverte en 1931 afin de déterminer l’emplacement d’un futur terrain d’aviation moderne. Après plusieurs études, le choix se porte sur le secteur de Champforgeuil.
En 1935, le terrain est officiellement déclaré d’utilité publique.
Le premier hangar est construit dans la foulée et les activités aériennes commencent rapidement à s’y développer.
Dès avant-guerre, des meetings aériens attirent un public nombreux. Ces manifestations populaires contribuent à diffuser la culture aéronautique dans l’ensemble du Chalonnais.
Après l’interruption provoquée par la Seconde Guerre mondiale, la plateforme retrouve progressivement son activité.
Cette renaissance constitue le véritable point de départ du futur parachutisme sportif local.
Les années 1950 : les débuts du parachutisme sportif en France
Dans la France de l’après-guerre, le parachutisme connaît une profonde transformation.

Jusqu’alors essentiellement associé au monde militaire, il devient progressivement une discipline sportive à part entière.
La création de structures fédérales spécialisées, l’apparition de matériels plus performants et la multiplication des aéroclubs favorisent son développement.
À Chalon-sur-Saône, l’existence d’un aérodrome actif offre naturellement un terrain favorable à cette évolution. Les premiers sauteurs civils apparaissent progressivement. Leur pratique reste cependant très éloignée de celle que nous connaissons aujourd’hui. Les voiles sont volumineuses. Les procédures de sécurité demeurent rudimentaires. Les avions utilisés disposent de capacités limitées. Chaque saut exige une préparation importante.
Le parachutisme reste alors une activité réservée à quelques passionnés prêts à accepter un niveau d’engagement considérable.
Les années 1960 et 1970 : la démocratisation progressive
Durant les Trente Glorieuses, l’aviation légère bénéficie d’un contexte favorable.

La hausse du niveau de vie, le développement des infrastructures sportives et l’essor du tourisme favorisent la découverte de nouvelles pratiques de loisirs. Le parachutisme profite pleinement de cette dynamique. Partout en France, les clubs se développent. De nouvelles méthodes pédagogiques apparaissent. Les équipements deviennent plus fiables. Les premiers stages structurés voient le jour.
À Chalon-sur-Saône, l’aérodrome de Champforgeuil s’inscrit dans cette évolution nationale. Même si les effectifs restent modestes, une communauté de pratiquants commence à se constituer. Cette période pose les bases de la structuration future du parachutisme local.
Les années 1980 : l’ère de la modernisation
Les années 1980 marquent un tournant majeur dans l’histoire du parachutisme français.
L’arrivée des parachutes modernes à caissons transforme radicalement la discipline. Les performances progressent. La sécurité s’améliore. Les possibilités d’apprentissage se multiplient. Les compétitions se développent à grande échelle. Le parachutisme cesse progressivement d’être perçu comme une activité marginale.
À Chalon-sur-Saône, cette modernisation se traduit par le renforcement des structures associatives présentes sur l’aérodrome. La formation des pratiquants devient plus rigoureuse. Le nombre de licenciés augmente. Les premiers résultats sportifs significatifs apparaissent.
Le parachutisme chalonnais entre alors dans une phase de maturité.
Les années 1990 : vers un véritable pôle régional
Durant les années 1990, le parachutisme français poursuit sa professionnalisation. Les centres de saut développent des prestations plus diversifiées. Les premiers baptêmes tandem commencent à séduire le grand public.
Cette innovation joue un rôle essentiel: pour la première fois, une personne sans expérience préalable peut découvrir la chute libre dans des conditions encadrées. Cette évolution contribue fortement à populariser la discipline.
À Chalon-sur-Saône, les acteurs locaux comprennent rapidement l’intérêt de cette ouverture vers un public plus large. L’aérodrome devient progressivement une destination reconnue pour les amateurs de sensations aériennes.
2005 : le début d’une nouvelle ère
L’année 2005 constitue un jalon fondamental. L’école de parachutisme implantée à Champforgeuil connaît alors une profonde restructuration. Une nouvelle équipe dirigée par Pierre et Béatrice Auvray, aidés de Luca Maccaferri, entreprend de professionnaliser l’activité.
Les objectifs sont ambitieux :
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- développer la qualité pédagogique ;
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- moderniser les équipements ;
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- renforcer la sécurité ;
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- accroître la visibilité nationale du centre ;
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- attirer une clientèle touristique.
Cette stratégie s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs grands centres français, mais à Chalon-sur-Saône, elle va produire des résultats particulièrement remarquables.
Parachutisme71 : la construction d’une référence nationale
Au début des années 2010, la marque Parachutisme71 s’impose progressivement comme l’un des principaux acteurs du parachutisme en Bourgogne. Sous le leadership de Pierre Auvray, qui compte alors déjà plus de 20000 sauts, et de Luca Maccaferri (plus de 10000 sauts) l’école développe plusieurs axes de spécialisation :
Le saut tandem
Accessible aux débutants, il devient la principale porte d’entrée vers la discipline.
La formation autonome, Progression Accompagnée et Chute (P.A.C.)
Les élèves apprennent progressivement à sauter seuls sous la supervision d’instructeurs qualifiés.
Le perfectionnement sportif
Les parachutistes expérimentés viennent améliorer leurs compétences techniques, et les futurs cadres techniques viennent se faire former au monitorat.
Les disciplines modernes
Le centre investit fortement dans les nouvelles pratiques comme le freefly et la wingsuit.
Cette diversification contribue à élargir considérablement son rayonnement.
Le freefly : une spécialité chalonnaise
Le freefly apparaît dans les années 1990 comme une révolution dans le monde du parachutisme.
Contrairement au vol relatif traditionnel réalisé à plat ventre, cette discipline autorise des positions verticales ou tête en bas. Les vitesses atteintes sont supérieures. Les figures deviennent plus complexes. Le spectacle est particulièrement impressionnant.
Parachutisme71 fait partie des centres français qui accompagnent activement le développement de cette pratique.
Avec des membres illustres tels que l’équipe RED COQ (plusieurs titres de champions du monde de free style), Les Osmoses et les SOLARIS (Loic Perrouin et Pierre Rabuel), Parachutisme71 devient pendant un temps l’épicentre du free fly français.
Cette orientation contribue fortement à la réputation nationale du site.
La wingsuit : l’autre spécialité de Champforgeuil
L’essor de la wingsuit représente une autre étape importante.
Grâce à une combinaison équipée de membranes reliant les bras et les jambes, le parachutiste peut générer une portance lui permettant de parcourir plusieurs kilomètres avant l’ouverture du parachute.
Cette discipline spectaculaire attire rapidement des pratiquants venus de toute la France.
Parachutisme71 devient progressivement un centre de référence pour leur formation.
Les compétitions nationales et les évènements à Champforgeuil
La reconnaissance du site se traduit également par l’accueil de compétitions d’envergure et d’évènement de stature international
En 2013, parachutisme71 est reprise par Luca Maccaferri.
Cette même année, l’école organise le vector festival: 4 avions, 500 participants, 9600 sauts en 6 jours. C’est une déflagration mondiale. Le gratin du parachutisme moderne redécouvre la Bourgogne
2017, autre moment emblématique: l’aérodrome accueille le Championnat national de parachutisme de la Fédération des Clubs de la Défense ainsi que le Championnat de France militaire. Des dizaines de compétiteurs s’affrontent dans plusieurs disciplines techniques.
Arrivent ensuite le Skyfall, qui reste aujourd’hui encore le plus grand rassemblement annuel européen de wingsuiter, lui aussi connu et reconnu dans le monde entier.
L’événement confirme le statut national acquis par la plateforme chalonnaise.
L’innovation avec la chute libre indoor
L’histoire récente du parachutisme chalonnais ne se limite pas aux sauts depuis un avion. L’installation d’une soufflerie de chute libre marque une nouvelle étape. Cette technologie permet de reproduire les sensations du vol humain grâce à un puissant flux d’air vertical.
Son intérêt est multiple :
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- initiation du grand public ;
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- entraînement des sportifs ;
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- perfectionnement technique ;
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- accessibilité à un public plus large.
Cette innovation illustre la capacité du secteur à se réinventer.
Chronologie détaillée du parachutisme à Chalon-sur-Saône
1931 : ouverture de l’enquête publique pour la création d’un nouvel aérodrome.
1935 : mise en service de l’aérodrome de Champforgeuil.
1936 : premiers grands meetings aériens.
1943 : parachutages destinés à la Résistance dans le secteur de Rully.
1945 : reprise des activités aériennes après la Libération.
Années 1950 : apparition des premières pratiques parachutistes civiles.
Années 1960-1970 : structuration progressive des activités sportives.
Années 1980 : modernisation du matériel et croissance des effectifs.
Années 1990 : démocratisation du saut tandem.
2005 : restructuration de l’école de parachutisme.
2013 : développement national de la marque Parachutisme71.
2016 : arrivée de la chute libre indoor.
2017 : organisation de championnats nationaux à Champforgeuil.
Années 2020 : confirmation du statut de pôle majeur du parachutisme en Bourgogne-Franche-Comté.
Conclusion : l’histoire continue dans le ciel chalonnais
En moins d’un siècle, Chalon-sur-Saône a vu le parachute passer du statut d’outil militaire utilisé dans les opérations clandestines de la Résistance à celui d’activité sportive de haut niveau.
L’aérodrome de Champforgeuil a constitué le socle de cette évolution. Les clubs, les bénévoles, les instructeurs et les entrepreneurs qui s’y sont succédé ont progressivement bâti un écosystème unique dans la région.
Aujourd’hui, grâce à Parachutisme71, le parachutisme à Chalon-sur-Saône bénéficie d’une réputation qui dépasse largement les frontières de la Bourgogne.
Cette réussite s’inscrit dans une histoire plus vaste : celle de la passion aéronautique chalonnaise, qui continue de s’écrire à plusieurs milliers de mètres d’altitude.
Sources et références
Histoire de l’aérodrome de Champforgeuil
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- Aérodrome de Chalon-Champforgeuil – historique détaillé, enquête publique de 1931, création du terrain, extension avant-guerre : Anciens Aérodromes – Chalon-Champforgeuil
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- Présentation officielle de la plateforme aéroportuaire : Chalon Aéroport – La plateforme
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- Historique synthétique de l’aéroport et du premier meeting aérien de 1936 : Aéroport de Chalon-Champforgeuil (Wikipédia)
Histoire de Parachutisme71
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- Histoire du centre, reprise par Pierre et Béatrice Auvray en 2005 puis par Luca Maccaferri en 2013 : Parachutisme71 – L’équipe et l’histoire du centre
Compétitions et actualités parachutistes
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- Championnat national de parachutisme militaire et de la Fédération des Clubs de la Défense organisé à Champforgeuil (2017) : Info-Chalon – Championnat national de parachutisme militaire 2017
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- Participation de délégations internationales aux compétitions : Info-Chalon – La Suisse au rendez-vous des championnats 2017
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- L’équipe « Long Cats Parachutisme 71 » : Info-Chalon – Long Cats Parachutisme 71
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- Tentative de record de France de Freefly à Champforgeuil : Chalon Aéroport – Record de France de Freefly 2017
Chute libre indoor
-
- Développement du simulateur de chute libre Sky Circus : L’Est Républicain – Souffler c’est voler
Archives et fonds historiques recommandés
Pour enrichir davantage l’article avec des sources primaires :
Sources à rechercher pour une version historique de référence
Si votre objectif est de publier un article patrimonial de haute qualité (2 500 à 4 000 mots), je recommande de compléter ces sources par :
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- les collections du Journal de Saône-et-Loire (1945-2025) ;
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- les bulletins municipaux de Chalon-sur-Saône ;
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- les archives de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Saône-et-Loire ;
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- les archives de l’Union Nationale des Parachutistes ;
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- les archives de la Fédération Française de Parachutisme ;
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- les fonds photographiques du Grand Chalon.
Ces sources permettraient d’ajouter des citations d’époque, des témoignages d’anciens parachutistes chalonnais et une chronologie beaucoup plus précise du développement du parachutisme à Chalon-sur-Saône depuis l’après-guerre.



