Le parachutisme en toute liberté

Le prix de la liberté

Le parachutisme en toute liberté

Alors que le prix du pétrole s’envole, que le monde se sensibilise aux contraintes écologiques, est -il encore légitime de vouloir se jeter d’un avion en vol, et pourquoi? A-t-on encore le droit de consommer du kérosène pour le loisir? Ou s’arrête notre liberté?

Le parachutisme, sport de riches?

Même s’il semble à priori évident que le parachutisme est aujourd’hui réservé  à une caste bourgeoise, il en va en réalité tout autrement, car si un jour vous venez effectuer un saut en tandem, vous aurez probablement dans l’avion avec vous un panel assez large de la population française: conducteur de poids lourds, petit artisan, avocat…

Les gens qui pratiquent le parachutisme ne partagent ni les mêmes convictions politiques, ni les mêmes classes sociales… ils ont en commun un défaut de cablage, une anomalie comportementale qui les a un jour poussés à passer la porte d’un avion en marche, dans une quête d’accomplissement personnel, une recherche de sensations nouvelles, ou je ne sais encore quel autre manque à combler.

Désastre écologique? La liberté des uns s'arrête là où...

Parmi mes amis d’enfance, nous avons tous suivis des routes très différentes: certains vivent à Genève, d’autres au sud de l’Espagne… mais nous avons la chance de nous voir encore, une ou deux fois par an, et de discuter de nos vies, de nos enfants, de nos métiers… Bien entendu, il est arrivé assez fréquemment que la conversation arrive sur les sujets sensibles… politiques, écologie… Et logiquement, le parachutisme et l’écologie! 

A force d’être exposé à ces piques amicales, j’ai commencé à creuser un peu la question, et je me suis mis à comparer nos différentes empreintes carbones… et même si je reconnais l’inutilité (à première vue) de notre activité, j’ai néanmoins été surpris par ce que j’ai découvert: le poids écrasant du transport routier, les consommations hallucinantes des data centers… et le rapport entre notre activité et la consommation par personne d’un vol long courrier effectué pour le tourisme…

Oui, mais les datas centers sont indispensables! et les vacances aussi

Concernant les data-center, je veux bien admettre qu’internet a contribué à une accélération hallucinante de la communication, (enfin… peut-être pas au sein des couples ou dans les relations humaines, mais admettons!)… mais pour quoi faire? 98% de la bande passante est occupée par le loisir et le « divertissement » qu’à titre personnel, je qualifierais sans trop de scrupules d’abrutissant et désociabilisant… mais ça reste une opinion personnelle: je suis peut-être passé à coté de l’intérêt culturel et social de « les marseillais », ou du rôle éducatif des « shorts » YouTube.

Pour ce qui est des vacances, je suis tout à fait en accord avec ce besoin de coupure que l’on peut éprouver face au monde parfois rugueux du travail. mais si cet argument est totalement recevable, il est également à porter au crédit d’un stage de parachutisme, non? Y a t-il plus dépaysant que de passer d’un élément à l’autre? De vivre en 3 dimensions pendant ce qui deviendront 45 secondes d’éternité?

Vivre libre, ou mourir! (William Wallace AKA Braveheart)

Bien entendu, et je l’admet sans discuter, mon analyse est partisane, et je prêche pour ma paroisse, mais si l’on prend un peu de recul, et un peu d’humour…
-Le nappes phréatiques sont moins polluées par les anti-dépresseurs
-Le tissu social est renforcé, et nous contribuons à sauver l’emploi des vignerons
-Les traditions gauloises de banquets sont sauvegardées

J’espère que nous pourrons toujours nous permettre cette part d’inutile, cette quête de la futilité et du plaisir qui donne un sens à tout le travail « utile » qui nous permet de vivre… Car à mon sens, pouvoir choisir de franchir cette porte ouverte sur le vide constitue l’un des derniers espaces de liberté du monde actuel.